Portrait ...... Rammani

Publié le par charles

Rammani Asharya est le président de l’association Junior Achievement Nepal, qu’il a fondée en 2002, et mon contact principal pour ma mission exploratoire.

Junior Achievement Nepal a pour objet d’apporter un enseignement de type « pratique » dans les écoles, publiques et privées, du Népal. Ces programmes sont en fonction du niveau des écoliers et étudiants, et portent sur la finance, le marketing, l’entreprenariat, l’économie, mais toujours abordés sous un angle « terrain ». Des jeux d’entreprise peuvent être organises également. Ces cours sont dispensés par des volontaires, pour le moment issus du réseau de Rammani et des membres du bureau de l’association.

 

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Lors de notre première rencontre, Rammani m’a clairement expliqué qu’il était un businessman, et que JAN était pour lui une sorte de « caution sociale ». Assez surpris, je me suis progressivement rendu compte qu’il s’agissait là d’une pratique tout à fait courante en Asie, qui n’empêchait cela dit pas les associations de bien fonctionner.

Rammani est en effet à la tête de plusieurs entreprises, dans la construction, le thé, le recrutement ou la gestion de parc immobilier qu’il me décrit comme étant la plus rentable de ses activités.

Le fait de représenter JAN lui permet d’avoir accès à des interlocuteurs plus haut placés, que ce soit au Népal ou dans les autres pays où il souhaite exporter.

Mais Rammani est un vrai amoureux de son pays. Il a passé un MBA à Harvard et est sincèrement désolé de voir tous les Népalais ayant réalisé des études supérieures aller travailler à l’étranger, faute de postes intéressants dans leur pays d’origine. JAN est donc pour lui à la fois une porte d’entrée supplémentaire pour ses affaires et une vraie aide pour son pays.

 

Ma mission consiste donc à analyser l’environnement interne et externe de JAN dans le but d’envoyer des volontaires depuis la France pour enseigner les programmes JAN dans les écoles et ainsi permettre à l’association de se développer.

Au fur et à mesure de nos réunions de travail, nous apprendrons avec Rammani à mieux nous connaître et à nous apprécier réellement.

Ses bureaux sont situés dans un vieux quartier de Katmandou et occupent la totalité d’une belle et grande maison. Dans le jardin et au rez-de-chaussée, une dizaine d’hommes de main traînent en permanence, attendant les ordres de leur patron, consistant en des taches très diverses.

 

Un excellent souvenir restera le jour ou il m’a emmené dans son village natal, à Devbhoomi. Je découvre ce jour-là un Rammani ému, très attaché à ses racines. Sa pudeur lorsqu’il me montra sa maison détruite par les Maoïstes me touchera.

Mais ce qui me marque surtout chez lui ce jour-là est le charisme qu’il dégage et son autorité naturelle. Grand pour un Népalais (6 pieds un pouce, soit 1,86 m), il arbore une petite moustache anglaise du plus bel effet. Tout son entourage s’adresse à lui avec déférence, mais il plaisante avec tout le monde, a un petit mot pour chacun. Le soir venu, avec ses amis, il se montre aussi très détendu, drôle et heureux (notamment de pouvoir boire du whisky tranquillement avec ses copains).

 

Après un mois et demi au Népal, je peux dire que j’ai tissé des liens forts avec Rammani Asharya, et nos au revoir furent tristes et sincères. Peut-être nous reverrons-nous un jour, en France où il est cordialement invité ou au Népal ?

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